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 le Jeu

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elane
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MessageSujet: le Jeu    Ven 4 Nov - 22:41

Voilà ma dernière histoire en cours, publiée sur fanfic.fr :
Une histoire mêlant science fiction et histoire qui plongent deux Joueurs au coeur de l'histoire romaine.

Voici le prologue :
Les chiffres correspondent à des notes qui sont à la suite... elles complètent l'histoire sans être indispensables... Si vous êtes curieux, elles sont sur fanfic.fr).


Carthage
255 AV JC


La couleur rouge
Est répandue dans la pluie
Qui tombe au printemps.
Sakuzo Takada



Un éclair transperce la nuit froide. La lueur des torches qui dansent dans le souffle du vent qui se lève éclairent les murs blancs de la Cité et jettent des éclats rouges dans le regard des hommes qui se tournent avidement vers l’homme qui s’avancent. L’air s’électrise sous les caprices du ciel et le tintement métallique des épées et des armures montent dans les rangs montrant l’impatience des soldats.
Tous attendent. Le Grec tiendra-t-il ses promesses ? Ce Lacédémonien, élevé dans l’art de la guerre à Sparte saurait-il leur parler ? Sera-t-il les pousser à prendre les armes et se battre ?
Du haut des remparts, le général embrasse du regard la foule qui se presse à ses pieds. Il savoure cet instant, aussi bref qu’intense, où la nuit se charge des espoirs et de la folie des hommes. Ses mots, ils ne les avaient pas préparés. Mais il n’a qu’à fermer les yeux, il sait qu’ils viendront à lui sans peine.
- Fils d’Elisha1, je suis un étranger sur vos terres, mais je connais la grandeur de votre cité et la valeur de vos soldats.
Des murmures d’approbation parcourent la foule.
- Depuis ses fondements, Rome a marqué de son empreinte noire le destin de Carthage2. Leurs corbeaux3 vous ont trompés, leur ombre a soufflé un vent de peur dans vos cœurs à Ecnomos4 et vous vous êtes refugiés bien vite derrière vos murs. L’ennemi en a profité pour frapper vos terres offertes. En débarquant à Hermaïa, ils ont assiégé Aspis, laissée sans défense5.
L’indignation, la colère se mêlent aux acclamations qui s’élèvent. De nouveaux, le ciel se zèbre d’un trait aveuglant et Xanthippe voit des mains se lever parmi les soldats.
- Et qu’ont fait vos généraux, retranchés fébrilement derrières les remparts de Carthage ?
Le grec balaye l’assistance de son regard enflammé. A cet instant, il sait que ces soldats le suivront jusque dans les enfers, prêt à abandonner leur raison et leur vie au premier choc de l’acier, à la première charge. Et lorsque le ciel se fend d’un trait blanc et que la pluie froide rebondit sur les casques et les armures, ce sont les Dieux eux-mêmes qui lui adressent un signe du haut de l’Olympe.
- Je suis un étranger sur vos terres. Mais j’ai été élevé dans une cité que voue un respect immuable à ceux qui suivent la voie et les enseignements d’Arès6. Et je vous reconnais, fils d’Elisha comme des hommes de valeur, Maîtres incontestés des Mers et redoutables combattants sur les Terres.
De nouveaux les poings se lèvent et devant Xanthippe, c’est tout un peuple qui relève la tête.
- Mais les erreurs de vos généraux sont une offense que je ne saurais pardonner ! Ils vous ont mené à votre perte et utilisé vos forces sans ordre ni logique7! Des inconscients, ils ont œuvré comme des enfants qui jouent sans comprendre à un jeu dont les règles leur échappent ! De loups, féroces et redoutables, ils ont fait des agneaux dociles ! De grands guerriers connus et craints par tous les peuples, ils ont fait des enfants craintifs. De vos monstres aux défenses effroyables, ils ont fait des proies faciles !
L’indignation, la colère et la haine se mêlent à la fureur à mesure que la clameur se répand dans les rangs.
- Ils ont laissé les clés de la Cité aux Romains ! Ils les ont laissé ravager vos terres et progresser jusqu’aux murs de votre Carthage ! Ce fourbe de Regulus8 vous a insulté en vous imposant des conditions indignes pour une paix humiliante ! Nous allons faire mordre la poussière à ces Romains qui ont sous-estimé la fureur qui gronde et se répand dans la Ville ! Faisons rentrer ce chien chez ses maîtres à Rome, la tête baisse, la queue entre les jambes ! Prêtez-moi vos lances, vos épées, vos boucliers et vos monstres et nous ferons ravaler ces mots insultants à ces romains orgueilleux qui pensent avoir mis Carthage la grande à genoux ! Battez-vous avec moi, Carthaginois !
Les cris, les acclamations ne firent plus qu’un. Un seul mot scandé avec une ferveur aveugle.
Xanthippe !
En retrait, un homme regarde la scène les yeux grands ouverts, ne perdant pas une miette du spectacle qui se joue en bas des remparts, un petit sourire sur les lèvres. Au son des armes qui frappent contre leurs boucliers, des éléphants de guerres harnachés qui font entendre les cris et piaffent d’impatience ressentant la tension et l’impatience de leurs cornacs9, les cris qui s’élèvent à l’unisson des rangs serrés, il sait que Carthage se met en marche, en bon ordre derrière le spartiate et rien ni personne ne l’arrêtera.
Les Romains perdus dans leur suffisance de vainqueurs en terrain conquis les avaient laissé s’installer en terrain plat à moins d’une dizaine de stades de leur propre armée. Et avec l’aube naissante, sous la pluie battante et l’orage qui gronde dans le ciel noir, les hommes se dirigent vers le camp romain. Leurs monstres et leurs maîtres en première ligne, les mercenaires sur le flanc gauche et les soldats citoyens sur la droite et derrière les défenses d’ivoires de leurs éléphants, la cavalerie attendant son heure. Ils forment un front mince et large, unis sous un seul nom qu’ils brandissent comme une bannière, comme un charme puissant qui leur assurera victoire et l’appui des Dieux.
Xanthippe !
Douze milles fantassins, quatre mille cavaliers sur leurs montures qui piaffent d’impatience, et en première ligne cent éléphants de guerre barrissent au son des cors de guerres et des cris des hommes.
Carthage a retrouvé sa fierté et son honneur. Et rien ne pourra faire obstacle à cette déferlante qui s’abat avec une férocité sans borne sur ses ennemis.
Les romains effrayés par les éléphants se sont rangés en un rang compact face à l’ennemi10. Mais cela ne fait que faciliter le travail des cornacs qui dirigent leurs montures en piétinant le plus grand nombre avec une application qui provoque la panique dans les rangs de l’ennemi. Les romains effrayés par le massacre sanglant et la panique qui se répand comme un vent noir dans le cœur des soldats se font fauchés par les cavaliers carthaginois qui redoublent d’ardeur devant la peur de leurs ennemis qui avaient eu l’audace de se croire Maîtres sur leurs terres. La folie au fond des yeux, le sang sur leurs lames, les furies des enfers guident leurs bras vengeurs avec une précision inhumaine tranchant la chair et les têtes dans un ballet glaçant.
Une ombre se glisse dans le dos de l’homme, furtive et silencieuse. Une femme, perdue dans des replis d’un vêtement sombre, une ample capuche rabattue où des mèches claires s’échappent de ce puits de noirceur.
- M’avoir faussé compagnie à six heures de la fin du Jeu… Vous êtes plus doué que je ne l’aurais cru. Je vais devoir faire plus attention à l’avenir.
- Vous ne m’auriez jamais laissé assister à l’un des plus grands moments de la première guerre punique et de l’histoire romaine. Un peuple tout entier qui redresse la tête et marche ensemble pour retrouver sa terre, pour défendre les siens et repousser l’envahisseur.
- Toutes les guerres se ressemblent, aucune n’est juste ou belle.
- Je savais bien que vous ne m’auriez pas permis d’y assister, dit-il d’un ton moqueur.
- Je suis votre gardien. J’ignorais seulement que ma principale tâche serait de vous protéger de vous-même.
Le jeune homme esquisse un rictus moqueur. D’un geste, il repousse l’ample manche de son manteau détrempé dévoilant une montre aux contours d’argent et aux aiguilles étincelantes.
- Deux minutes, dit-il.
- Je suppose que vous suggérer de vous éloigner du champ de bataille est inutile.
Cette fois, il se contente d’hocher la tête sans perdre une seconde du temps qui lui reste. Déjà, il sent les fourmillements familiers lui parcourir les bras, sa vue se trouble et de la scène qui se joue sous ses yeux, il n’en perçoit plus que des échos assourdissants.
Ses paupières se ferment lorsque la dernière seconde s’écoule. De nouveau, les entraves de cuir lui meurtrissent les poignets et les chevilles et la douleur explose dans son thorax. Avant même d’avoir ouvert un œil, les flots lumineux qui transpercent ses paupières et la clameur se lève. Il sent des mains délicates s’affairer à le libérer de ses liens.
- Vous avez deux côtes cassées et des contusions sévères un peu partout, dit une voix féminine, Monsieur Malya.
- Je sais, grimace douloureusement Malya.
- C’est mieux que la dernière fois.
Une tentative d’humour ? Trop surpris par une telle réplique qui se voulait moqueuse mais avait été prononcé presque avec douceur et encore trop engourdi, il se contente de répéter :
- Je sais.
- Ils attendent tous que vous ouvriez les yeux, ajoute-t-elle.
- Je sais, répète en soufflant Malya.
Serait-ce les deux seuls mots qu’il soit encore capable de prononcer avant de s’écrouler lamentablement. La seule chose dont il rêve se résume à un bon lit et une journée entière de sommeil sans rêve. Mais cela aussi fait partie du Jeu. Il empêche la femme qui délie ses liens de terminer son office et ouvre les yeux.
La lumière l’aveugle un instant et il devine plus qu’il ne voit la foule, assemblée tout autour, retenant son souffle. Attaché, les bras écartés contre le métal froid des contrôles biomécaniques, les jambes plaquées contre des équipements électroniques dont il ignore tout des mécanismes, le cou encerclé dans un anneau rigide qui lui maintient la tête levée, dévisage les spectateurs avec défi, crispe son poing et détache lui-même la lanière qui entrave ses poignets.
Le bras pointé vers le ciel, il balaye la foule du regard.
Un silence chargé d’une tension palpable envahit l’assistance qui fixe Malya avec un mélange de joie et d’admiration proche de l’adulation. Tous se lèvent en tendant le poing et un tonnerre d’applaudissement fait trembler le sol et vibrer l’air d’une saveur enivrante qu’il aspire à plein poumon.
Un vrai triomphe.
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